L'insoutenable légèreté des lettres.

Les tribulations d'une liseuse organique.

Demain j’y retourne. Je tremble…

Chère Catherine
Il y a tant de choses pour lesquelles je voudrais m’excuser, pour tout le mal qu’on s’est fait, toutes ces choses que je t’ai reproché, tout ce que je voulais que tu sois ou que tu dises, je te demande pardon pour tout ça. Je t’aimerai toujours parce que nous avons grandi ensemble. Tu m’as aidé à être qui je suis. Je voulais que tu saches que j’aurais toujours un peu de toi en moi, et je t’en suis reconnaissant. Quoi que tu deviennes, où que tu sois dans le monde, je t’envoie de l’amour. Tu seras mon amie jusqu’à la mort.

Theodore

—   Her - Spike Jonze

“J’ai la tête qui tourne parce que j’ai trop bu, je voulais me souler, et coucher avec elle. Je la trouvais sexy cette femme. Parce que je me sentais seul, c’était peut-être la seule raison. Je voulais que quelqu’un me fasse l’amour, je voulais quelqu’un qui ait envie que je lui fasse l’amour, je croyais que ça m’aiderait à combler le petit trou que j’ai dans le cœur, mais je rêvais. Parfois je me dis que j’ai déjà éprouvé tous les sentiments possibles, et que je n’aurais plus jamais de sensations nouvelles. Seulement une version fade de ce que je connais.”

—   

Her - Spike Jonze

Ou l’un des plus beaux films que j’ai vu depuis longtemps. J’ai pleuré comme un bébé.

Summer breath.

J’ai pansé mes plaies. Pour jamais. Une large route s’ouvre à moi comme la promesse d’un doux présage. J’ai comme l’impression de respirer à nouveau, après la furtive tempête venue frapper mes tempes ces jours derniers. J’ai fais mon deuil, consommé le pardon. Je viens de sortir de cette introspection, qui m’a amené jusqu’à écrire mon témoignage. Témoignage scellé que j’ai jeté derrière moi, comme une page tournée à laquelle j’avais finalement donné beaucoup trop d’importance. Il suffit de regarder devant pour voir que ce n’était un épisode court et déjà depuis longtemps oublié. Peut-être par fierté, orgueil blessé, on se rattache à des détails, parce que l’on se veut debout, solide, vivant, sans aucun fardeau à tirer derrière soi. J’ai réglé le compte de mes souvenirs, je m’en vais légère à nouveau, prête à vaincre gaiement ce qui autrefois me faisait recroqueviller de terreur. C’est ainsi de grandir.

« Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire » (Apollinaire)

LANA DEL REY - RIDE (OFFICIAL AUDIO)

(Source : youtube.com)

“Je pense donc je fuis.”

(Source : inspired-for-lifee, via livreclem)

“Pour réussir, retenez bien ces trois maximes : voir c’est savoir, vouloir c’est pouvoir, oser c’est avoir.”

—   Alfred de Musset 

(Source : auriane-poirotte, via livreclem)

“Je rêve d’une langue dont les mots comme les poings fracasseraient les mâchoires…”

—   Emil Michel Cioran

(Source : alex-g67)

“Je raconte avec indifférence mon autobiographie sans événements, mon histoire sans vie. (…) Si j’écris ce que je ressens, c’est qu’ainsi je diminue la fièvre de ressentir. Ce que je confie n’a pas d’importance, car rien n’a d’importance. Je fais des paysages de ce que j’éprouve. Je m’offre des vacances de mes sensations.”

—   Fernando Pessoa - Le livre de l’intranquillité 

J-3 avant la fin du job d’été mortel

Ne vous a-t-on jamais, madame, en 45 ans de vie, fait la réflexion que lorsque qu’il y avait un H au début d’un mot, la liaison ne se faisait pas ? Il me semble que l’on apprend cette règle, plutôt simple, dès l’enseignement primaire. Il faut donc ainsi rappeler pour la dame, que les ZARICOTS, qu’ils soient noirs, bleus, ou verts, cela n’existe pas. 

A noir, E blanc, I rouge, O bleu; U vert ; Voyelles
Je dirais quelque jour vos naissances latentes…
[…]
Paix des patis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux.

- Rimbaud, Voyelles.

Paix de mes oreilles. Respectons la belle langue de Rimbaud.

MAJ : Ils ne croivent, ni n’envoyent, ni ne voiyent, les gens. Mes yeux saignent. Et dire qu’elle s’est moqué de ceux qui envoient des mails contenant des fautes d’orthographe. Je ris.

“Dans l’expérience absurde, la souffrance est individuelle. A partir du mouvement de révolte, elle a conscience d’être collective, elle est l’aventure de tous. Le premier progrès d’un esprit saisi d’étrangeté est donc de reconnaître qu’il partage cette étrangeté avec tous les hommes et que la réalité humaine, dans sa totalité, souffre de cette distance par rapport à soi et au monde.”

—   Albert Camus, L’homme révolté (via natachapauline)

J-4 avant la fin du job d’été mortel

J’ai le droit de travailler mes cours quand je n’ai rien à faire. Du coup, je ne suis pas à plaindre. Je noterai simplement qu’il y a une vrai épidémie dans le monde du travail affectant la préposition “de”, en la remplaçant par sa consœur “à” : “Comment elle s’appelle la soeur à machin ?”, “C’est l’agrafeuse à machine.”
Sainte grammaire, poignardée dans le dos chaque jour. 
C’était la minute snobisme. 

Ps : J’ai terminé le travail que je n’ai reçu qu’à 13h. Je suis arrivée à 8h et j’attends 16h15. J’en ai donc pour deux heures d’yeux dans le vide.

Blaise Cendrars - derniers poèmes de Feuilles de route.

Jadis est en solde

Je fatigue quelque peu à entendre dire que nous vivons une époque de merde, que c’était mieux avant. Je fatigue quelque peu à être responsable d’un monde plongeant dans la décadence. Parce que moi, j’en vois le bon, cela m’arrive. J’y vois la lumière, ça et là. Je pleure à l’intérieur, à force de critiques, comme autant de piqûres infimes défigurant mon cœur. Que faire alors ? Abandonner ? Dire que tout va mal, et puis rentrer chez soi ?